Coup de foudre pour Nothing Hill!!!
Accédez à la fiche sur le site de voyagenbus.comMes amis voici le récit de l'une de mes plus belles idylles et je n'exagère absolument pas le trait en vous disant cela. Vous allez trouver à Londres et plus particulièrement à Nothing Hill, toute la folie et la démesure dont vous avez toujours rêvé. Attendez vous à un choc esthétique sans précédent, ici tradition et modernité ont été subtilement associé pour vous vous assurer un dépaysement de tous les instants et que dire du carnaval, euphorisant et lumineux, pour sur. Retour sur un séjour pas tout à fait comme les autres au cœur des Caraïbes, pas à Kingston, certes; mais c'est tout comme, en plein Nothing Hill, pour une expérience sensorielle unique, qui vous transformera à jamais...
I - Road to Nothing Hill...
Il est 22h, place Nation à Paris, nous incorporons nos bus respectifs bien décidés à profiter à fond de cette expérience unique qui s'offre à nous. Les visages sont radieux et les mines jouasses à l'idée d'assister à une communion parfaite sur fond de Reggae, Ragga, Reggae Dancehall, Electro, Drum and Bass, etc.., durant près de deux jours. Au total pas moins d'une centaine de Sound System disséminés aux quatre coins de la ville.
Après quelques heures de route nous arrivons à Calais pour embarquer dans le ferry qui nous conduira au sud de l'Angleterre pour ensuite rallier Londres. Ah le ferry! Quel jolie moment, si dépaysant, à bord vous pourrez notamment changer vos euros en Pound, ce qui est très intéressant car vous ne serez absolument pas taxé, ce qui n'est pas négligeable lorsque l'on connait le cours de la livre sterling. Mais passons sur ces détails d'ordre purement technique et attardons nous sur le côté purement romantique d'une traversée en bateau. C'est le visage fouetté par les embruns que je découvre après 1h30 de traversée les côtes anglaises, perçant le brouillard de leur blanc immaculé. Ca y est la terre promise est en vue, cette terre si souvent décriée par nos ancêtres et qualifiée de "Perfide Albion" par le passé a bel et bien des aires d'eldorado. L'avenir est devant nous et porte le nom de Carnaval de Nothing Hill, alors jetez l’ancre moussaillon !!! Il n'y a plus de temps à perdre, nous avons rendez vous avec l'histoire. Rhum planteur, poulet au curry et transe festive jusqu'au bout de la nuit, nous voilà…
II - Arrivée en terre promise :
Après 2 petites heures de voyage en bus nous arrivons enfin devant notre auberge de jeunesse, la grande classe, d'une propreté remarquable, toilettes et douches impeccables et carte magnétique pour rentrer dans nos chambres respectives, "property so british.” Après une rapide reconnaissance des lieux nous décidons, mon compère d'aventure et moi de partir explorer Londres et ses vieilles pierres. Idée pleine de bons sens vous allez me dire, oui mais voilà, c’était sans compter avec le capital sympathie des anglais, en adéquation parfaite avec notre furieuse envie de découvrir les us et coutumes de ses charmants autochtones aussi rouges que festifs. C'est donc en parfait petits aventuriers de l’apéritif que nous sommes allés décrypter les comportements de la population locale, écumant ainsi tous les bars de "King Cross", bière à la main et sourire crampé, avec une assiduité et un professionnalisme sans égal. Notre attention ce jour là se porta plus particulièrement sur un sympathique pub qui se trouvait juste devant l'auberge et qui abritait toute une foule de locaux déguisée en cowboy et en indien, jouant un remake malté de la conquête de l'ouest. Mais ne vous y trompez pas, si de peaux rouges il est question ici, ce n'est point à cause du soleil, mais plutôt à cause d'une singulière habitude, absente de nos contrées, à savoir la dégustation de bière de 11h du matin jusqu'à la tombée de la nuit, de quoi lier de belles amitiés je vous assure...Après avoir passé plus de la moitié d'une journée en compagnie de ces charmants personnages je décidais quand même d'honorer le carnaval en allant me faire quelques tresses chez une sympathique coiffeuse: anglo-jamaïcaine, j’étais le seul blanc dans l'assistance, mais qu'importe, j'étais là pour du dépaysement et croyez moi j'en ai eu pour mon argent...
III - Carnaval nous voilà!!!
Il est aux environs de 10h, nos organismes sont encore engourdis par les excès de la veille, mais cela ne va certes pas nous empêcher de profiter à fond de l'événement majeur pour lequel nous sommes venus de si loin, à savoir le carnaval de Nothing Hill. Au passage, le deuxième plus gros carnaval après l'indétrônable carnaval de Rio. C'est donc confiant que nous partons à la conquête de Londres, mais avant de nous engouffrer dans les méandres colorés du carnaval nous décidons de faire une petite halte du côté de "Camdem town", pour là encore un dépaysement intégral. Comment décrire correctement ce lumineux quartier afin de lui rendre suffisamment hommage? Ce que vous allez vivre en vous baladant dans ses rues dépasse et de loin tous ce que vous avez pu voir dans le genre... Paradis de l'alternativié en tout genre, Camdem vous offre la possibilité de donner libre cours à votre personnalité, que vous soyez goth, punk, rastafarien, passionné de mangas ou que sais je.. ? Murs de "new rock", corsets, robes victoriennes, sacs fashion, ceintures zébrées et chapeaux en tout genre, ici tous les goûts sont représentés. Quant à son marché, véritable carrefour des saveurs, à mi chemin entre Chinatown et Bombay, au cœur du quel vous allez pouvoir voyager au grès des épices et des fumeries d’encens. N'oubliez pas de passer par le magasin "Cyberdog", véritable paradis technoïde pour les amateurs du genre, gogo danceuse type hentai et serveurs sauce bionique vous attendent dans cette enseigne « ABSOLUMENT » pas comme les autres... Magnifique que ce quartier, vraiment, mais voilà nous sommes là pour faire la fête, direction Nothing Hill, nous n'avons que trop tardé...
Quelques minutes plus tard, après s’être un peu chauffé la voix avec des jamaïcains dans le métro, nous débarquons enfin à Nothing. Le métro bondé pour l'occasion est gratuit, des centaines de personnes s'amassent afin de fouler en premier la terre promise. Après une escorte plus qu'efficace de la police londonienne, (je tiens d'ailleurs à saluer tout le professionnalisme de la police qui a su faire preuve d'un sang froid à toute épreuve), nous voilà enfin dans le saint des saints, je m'empresse d'acheter un bonnet type "rasta", aux couleurs de la Jamaïque, avec des dreadlocks agrafées dessus. Achat qui aurait pu me valoir les quolibets d'une communauté caribéenne fière de ses valeurs, alors que bien au contraire cela m'a valu la sympathie et même l'amour de cette chaleureuse population, mais en ce qui concerne l'amour nous y reviendrons un peu plus tard.
Aujourd’hui c'est le carnaval des enfants, défilé de couleurs chatoyantes et de mines réjouies sont au programme de cet incontournable rendez vous. C'est en errant dans les rues de "Nothing Hill" que vous allez pouvoir vous rendre compte de l'ampleur de ce carnaval pas tout à fait comme les autres, Sound système itinérants distillant un son d'une rare intensité et subtile odeur de poulet au curry vont venir égayer vos sens jusqu'à l'étourdissement. Et en parlant d'étourdissement, je crois bien en avoir eu pour mon argent. En effet, après avoir oeuvré toute la journée pour vous rapporter le maximum d'images, je décide, en accord avec mon compère de circonstance, de céder à l'appel de quelques boissons à caractère euphorisant, le punch coulant à flot, il n'est pas bien difficile de sombrer dans la transgression festive. Après quelques lampées de ce divin breuvage nous avons donc décidé de nous fondre dans la foule afin de fêter comme il se doit les caraïbes et plus particulièrement sa gente féminine, magnifiquement apprêtée pour l’occasion. Et oui mes amis, j'ai eu droit à mon idylle à la saveur épicée, mon coup de foudre à Nothing Hill, "so spicy..."
Et que dire du lendemain si ce n'est faire autant d'éloges, cette fois si c'était au tour des adultes de nous faire une démonstration, hi hop et reggae savamment distillés par les hommes, tandis que les femmes accumulaient les booty shake endiablées et autre danses savoureusement suggestives. Les Sound system itinirenants n'étaient d'ailleurs pas en reste, orchestres de still drums et autres percussions nous ont offert un allé simple pour les Barbades, car si on parle beaucoup de la communauté jamaïcaine c’est bel et bien toute l'archipel des Caraïbes qui est représenté ici. De la Barbade en passant par Trinidad et Tobago, Saint kitts and Nevis, j’en passe et des meilleurs, plus de 2 millions de personnes dans les rues de la ville, c'est vous dire...
IV - It's time to go:
Après une dernière danse et un dernier contact avec cette si chaleureuse communauté, combien de "Oh!!! You’re French", "I love France, thank's so much for your coming", etc..., de la part des déracinés caribéens, comme des anglais d'ailleurs, il est grand temps de partir. C'est donc le cœur gros que nous laissons ces gens merveilleux afin de rallier le bus qui nous conduira chez nous, direction Hyde Park et sa tête de cheval géante plantée au milieu des jardins. Mais je ne me fais aucun soucis l'année prochaine je serais de nouveau ici pour célébrer la vie et la fête avec ma nouvelle famille, car c’est bien de famille dont il faut parler ici, une famille tolérante et colorée qui ne vous juge pas et vous offre ce qu'elle a de meilleur, ses valeurs, sans rien attendre en retour.
En quittant ce magnifique rassemblement communautaire je ne peux m'empêcher cependant, d'émettre quelques regrets quant à l'impossibilité pour la France et plus particulièrement pour Paris d'organiser un évènement tel que celui ci, sans risquer une guerre civile à chaque coins de rue. Je pense que l'intégration de ces communautés au sein du pays de sa majesté est une vraie réussite et ce carnaval en est la preuve vivante. A nous, maintenant, de nous inspirer de ce modèle, mettons l'epace de quelques secondes notre orgueil de côté et essayons de voire ce qui a cloché chez nous et surtout analyser comment nous pourrions rectifier le tire. Et à ce moment là, pourquoi ne pas se laisser aller à rêver d'un carnaval Antillais en plein cœur de Paris... ? Sur ce mes amis, je vous laisse réfléchir à tout ca, quant a moi je repars à la recherche de nouveaux ilots libertaires afin de vous montrer que si les voyages sont formateurs, ils n’en sont pas moins libérateurs, à bon entendeur....Salut!!!!
Aurélien

























